FÉODALITÉ

FÉODALITÉ

Dans l’histoire de la civilisation de l’Europe occidentale, la féodalité représente un moment particulier qui se caractérise par la dissolution de l’autorité publique; elle répond à un état de la société et de l’économie fondé sur l’exploitation de la paysannerie par l’aristocratie dans le cadre de la seigneurie. À partir du IXe siècle, les relations de patronage et de dévouement personnel, qui s’étaient développées dans le privé, se sont introduites progressivement dans les structures de l’État. L’affaiblissement de la royauté en fit peu à peu la seule armature des rapports politiques. Le pouvoir de commander, de punir et de taxer les gens du commun se répartit entre de petites cellules autonomes construites autour des châteaux. Parmi les membres de l’aristocratie, l’engagement vassalique et la concession du fief servirent de cadre aux liens de subordination.

L’hommage et le serment de fidélité instituent entre le vassal et son seigneur des devoirs honorables et réciproques de non-agression et d’assistance, peu différents de ceux que déterminent entre parents les liens du sang. Le lien réunit les deux hommes leur vie durant, sauf manquement de la part de l’un ou de l’autre à ses obligations. Pour mériter le fief dont il a reçu la jouissance lors de la prestation de l’hommage, le vassal est astreint à des services, plus nettement positifs, d’aide et de conseil. Mais le réseau des clientèles demeura longtemps discontinu, et la place prépondérante qu’occupa le fief à partir du XIe siècle dans la relation féodo-vassalique contribua à l’affaiblissement du lien affectif. Aussi, les institutions féodales ne parvinrent-elles pas à dégager de la violence et de l’anarchie la société aristocratique, malgré les efforts déployés par l’Église, qui s’était elle-même féodalisée, pour établir la «paix de Dieu».

Au XIIe siècle, l’autorité monarchique reprend vigueur. Toutefois, les progrès du pouvoir royal se font tout d’abord dans le cadre des institutions féodales, qui peu à peu prennent plus de rigueur; elles s’organisent en une pyramide qui, par échelons successifs, fait converger vers la personne du souverain l’hommage et le service des vassaux et des arrière-vassaux; l’exploitation du droit féodal, alors que s’anime la circulation monétaire, sert de base à l’instauration de la fiscalité royale, et prépare la restauration de la souveraineté.

Les rites, les usages, les pratiques juridiques nés de la féodalité persistèrent cependant très longtemps. Progressivement, ils apparurent comme le symbole d’un ordre suranné, de tous les privilèges de caste et des survivances de l’exploitation seigneuriale. Aussi la Révolution française désigna-t-elle par le terme de féodalité les cadres majeurs de l’Ancien Régime qu’elle s’employait à détruire. Hors d’Europe, seul le Japon connut un ensemble de relations juridiques, sociales, économiques et d’attitudes mentales comparables aux structures qui s’étaient établies dans l’Occident médiéval.

Le mot féodalité apparut au XVIIe siècle pour qualifier ce qui se rattache au fief, c’est-à-dire à l’un des vestiges alors les mieux conservés du système juridique médiéval. Il en vint à définir tout ce qui subsistait de ce système. C’est ainsi que l’entendirent les révolutionnaires de 1789, abusant du mot féodal pour désigner ce qui, dans l’Ancien Régime, leur paraissait le plus mériter la destruction. Ce terme prit alors un sens péjoratif, qui lui est resté dans l’usage courant où il sert à définir tout ce qui est mépris de l’autorité publique au profit d’intérêts privés.

Il s’agit ici de lui restituer sa signification véritable, celle que les historiens s’attachent à circonscrire. La féodalité appartient à la civilisation de l’Occident médiéval, dont elle constitue un aspect majeur. Phénomène complexe, dont le fief, qui fournit à l’expression sa racine étymologique, n’est qu’un élément parmi beaucoup d’autres. Ce phénomène concerne l’histoire des structures politiques: pour Montesquieu et Voltaire, l’époque féodale est celle où les pouvoirs politiques ont connu la désagrégation la plus complète. Mais il est inséparable d’un certain état de la société et de l’économie: pour Marx et ses disciples, la féodalité est l’étape intermédiaire entre le système d’exploitation esclavagiste et le capitalisme.

1. Les origines de la féodalité

La féodalité se développa dans l’Occident médiéval lorsque se décomposèrent les structures monarchiques qu’avaient implantées les conquérants barbares, c’est-à-dire à partir du IXe siècle, quand commença la décadence de l’État carolingien. Les rois du haut Moyen Âge étendaient leur autorité, leur ban , sur tous les hommes libres; ils les conduisaient au combat; ils présidaient les assemblées où se rendait la justice; loin de leur palais, des représentants (les comtes, dans le royaume franc) recevaient délégation de ces pouvoirs, ainsi qu’une dotation de terres qui constituait leur rétribution. Les Carolingiens, pour affermir leur emprise sur la population d’un empire devenu démesurément vaste, jugèrent bon d’utiliser des pratiques privées depuis longtemps en usage dans les maisons des grandes familles aristocratiques, celles de la vassalité. Ils exigèrent de tous ceux qui exerçaient le pouvoir en leur nom qu’ils devinssent leurs vassaux (le mot avait désigné sans doute à l’origine les plus humbles serviteurs domestiques), en se recommandant, en se confiant à eux, par un engagement personnel très strict, qui devait durer jusqu’à la mort et qui obligeait à n’entreprendre aucune action préjudiciable au patron. Ils s’attachèrent de la même manière les plus puissants de leurs sujets et engagèrent les membres des aristocraties locales à se lier semblablement aux comtes. Un réseau de dévouements individuels se tissa de la sorte, qui doubla celui des obligations publiques. Ce dernier s’en trouva quelque temps renforcé, mais peu à peu la mentalité du compagnonnage s’insinua dans les cadres de l’État: on pensa servir le roi, non point en vertu du ban dont il était investi, mais en fonction d’un contrat privé d’allégeance que certaines circonstances autorisaient à rompre; la délégation d’un office public prit insensiblement l’allure d’un « bénéfice », d’un cadeau que le patron se devait de consentir à son vassal, en récompense de sa fidélité, et qu’il ne pouvait lui reprendre sans grave manquement de sa part. Il suffit donc que les ressorts de l’État se distendissent quelque peu pour qu’à la subordination du sujet se substituassent les services mesurés et conditionnés d’une clientèle.

Désagrégation des structures monarchiques

L’affaiblissement de l’autorité royale se manifesta dès les premières décennies du IXe siècle; les discordes internes de la famille carolingienne le hâtèrent, ainsi, bientôt, que l’impuissance des souverains à remplir leur mission fondamentale, c’est-à-dire à mener la guerre victorieuse et à contenir les envahisseurs, notamment les Normands. La désagrégation politique commença par le sommet, au niveau des principaux auxiliaires du pouvoir, les ducs et les marquis, chargés sur un large territoire de coordonner les activités militaires. Ils regardèrent comme un élément de leur patrimoine l’« honneur » qu’ils tenaient du roi, c’est-à-dire l’ensemble constitué par la délégation du ban et par les biens fonciers qui jadis avaient représenté le salaire de leur fonction. Très tôt, il était devenu impossible de refuser à l’un des héritiers d’un délégué royal de reprendre à la mort de celui-ci la charge paternelle; sur les offices s’établirent ainsi des dynasties. Les ducs ne cherchèrent point délibérément à rompre le lien de vassalité qui les attachait au souverain, mais les occasions d’accomplir les rites de l’engagement vassalique s’espacèrent, et les devoirs qui en découlaient perdirent de leur rigueur à mesure que fléchissait la puissance du roi. Comme ils assumaient efficacement la protection du pays, les responsables de la défense locale rassemblèrent étroitement dans leur clientèle l’ensemble de l’aristocratie de la région. Ainsi se formèrent des principautés pratiquement autonomes. Cette première dislocation se produisit en France entre le dernier tiers du IXe siècle et le milieu du Xe siècle.

Le mouvement se poursuivit ensuite, plus rapidement et plus profondément dans la France du Sud et de l’Est. Les comtes se détachèrent peu à peu des ducs, puis les comtés se fractionnèrent eux-mêmes en cellules de dimension plus restreinte. Vers l’an mille, les maîtres des principales forteresses fondèrent à leur tour des dynasties, s’appropriant les pouvoirs de commandement sur la population des villages environnants; ils cessèrent de se réunir régulièrement autour du comte; ils réunirent autour d’eux les plus riches des hommes libres du voisinage dans une compagnie vassalique, leur concédant, pour mieux les tenir en main, des bénéfices que l’on appelait désormais des fiefs . Le droit de commander et de punir, dont le caractère public s’était sensiblement estompé, se trouva ainsi distribué en un grand nombre de districts minuscules, indépendants en fait les uns des autres, dont chaque forteresse formait le centre.

Des conditions économiques et sociales favorables

Une telle évolution réalisait en vérité l’adaptation des structures politiques aux conditions économiques et sociales de l’époque. Elle se produisit en effet au sein d’un monde rural et cloisonné, où la difficulté des liaisons exaltait l’autorité du chef local, où l’atonie de la circulation monétaire rendait impossible la rétribution des services, si ce n’est par la concession d’un bien foncier. Elle était commandée par la structure aristocratique et très fortement hiérarchisée d’une société où un petit nombre de familles, maîtresses de la plus grande part du sol, dominaient de très haut le peuple des travailleurs paysans, qu’ils fussent serfs ou de condition libre, et où la force des liens du sang, qui constituaient la plus solide armature des relations sociales, entraînait l’attribution d’un caractère héréditaire à toute concession, celle des offices comme celle de la terre. En outre, après le IXe siècle, l’évolution de l’art de la guerre tendit à instituer parmi les hommes libres une ségrégation en fonction de leur activité militaire. Celle-ci devint en fait le privilège des riches ou des familiers des riches, qui seuls pouvaient combattre à cheval: on les nomma bientôt les chevaliers . Peu à peu se renforça l’idée que les hommes se trouvaient répartis en deux catégories stables et héréditaires, en deux ordres sans communication l’un avec l’autre. Les rustres, les pauvres, désarmés et inutiles au combat, parurent voués, selon l’intention divine, à nourrir par leur labeur et à entretenir dans une oisiveté propice aux exercices des armes les puissants, les «riches hommes», les chevaliers chargés de les défendre. Auxiliaires privilégiés du pouvoir, ceux-ci durent à leur fonction de combattants spécialisés d’échapper aux réquisitions et aux taxes que supporta seule la paysannerie. Dans leur groupe se développa très vite une conscience de classe exaltant les vertus et la supériorité de la vie militaire.

L’établissement de la féodalité se trouva donc conditionné par l’existence de la seigneurie, c’est-à-dire d’un système économique livrant la plupart des surplus de l’activité productrice à une élite de possesseurs fonciers, dont les plus riches détenaient dans leur patrimoine, avec les débris de l’autorité publique, le pouvoir de juger, de commander et de punir. Cet édifice social reposait sur un ensemble de prestations et de services requis des serfs, des tenanciers et des rustres soumis au ban privé. À l’usage de la classe seigneuriale, afin d’aménager les relations entre ses membres et de maintenir tant bien que mal la paix dans son sein, s’établirent les coutumes proprement féodales.

2. Les coutumes féodales

Elles se formèrent d’abord, semble-t-il, dans la région qui avait subi le plus fortement l’empreinte carolingienne, c’est-à-dire dans la moitié septentrionale de la France, entre 980 et 1075. Elles s’introduisirent rapidement en Angleterre où, par un processus semblable, la dislocation du pouvoir royal et la constitution de la seigneurie avaient fait de rapides progrès pendant le Xe siècle. Elles pénétrèrent beaucoup plus lentement en Allemagne, qui demeura longtemps fidèle aux structures politiques carolingiennes et où l’autorité monarchique ne déclina pas aussi vite: la féodalisation des pays germaniques date du XIIe siècle. Le sud de la Gaule – d’où semblent issus beaucoup de termes du vocabulaire féodal –, l’Italie et l’Espagne ne reçurent de la féodalité que des formes imparfaites.

Le lien féodal et ses obligations

C’est par la cérémonie de l’hommage que se nouaient les liens de la vassalité. Nu-tête, sans arme, en posture de complète humilité, le vassal venait s’agenouiller devant celui dont il avait choisi de devenir l’homme et plaçait entre les mains de celui-ci ses deux mains jointes, en signe de total abandon. Le seigneur le relevait aussitôt et le baisait sur les lèvres, geste qui exprimait le caractère honorable de l’engagement et rétablissait entre les contractants des rapports d’égalité. Puis le vassal, la main touchant un objet sacré et prenant Dieu à témoin, prêtait serment de fidélité, engageant sa propre foi et manifestant qu’il n’avait rien aliéné de sa liberté. C’est alors que le seigneur, lui plaçant dans la main un objet symbolique, l’investissait de son fief. Tous les hommages n’étaient pas suivis de l’investiture: il y eut en effet longtemps des vassaux non fieffés que leur seigneur entretenait dans sa maison et dont il ravivait l’amitié par des cadeaux périodiques. Mais peu à peu, et dès le XIe siècle en France, il devint exceptionnel que le vassal ne fût pas, sinon pour l’ensemble de ses biens, du moins pour une part d’entre eux, le feudataire de son seigneur.

L’attache ainsi nouée liait les deux hommes pour la vie. Pour saisir la portée de cette relation, référons-nous à l’analyse qu’en donne l’évêque Fulbert de Chartres au début du XIe siècle: «L’obligation fondamentale du vassal est de ne rien faire qui puisse causer dommage au seigneur dans son corps, dans ses biens, dans son honneur.» Le lien vassalique a donc pour fonction primordiale d’établir entre les deux contractants une garantie de sécurité. Mais le devoir de ne pas nuire s’accompagne d’exigences positives qui s’expriment par deux mots, l’aide et le conseil. Aider, c’est venir à la rescousse, prêter main-forte dans les difficultés, et, dans ce milieu de guerriers, spécialement par les armes. Quant à l’obligation de conseil, elle astreint à se rendre auprès du seigneur lorsque celui-ci convoque sa cour, sans l’avis de laquelle il ne peut prendre aucune décision importante. Ce devoir est l’occasion, par des rencontres périodiques, de faire renaître le climat de camaraderie des primitives clientèles domestiques. Il faut mettre en évidence que de telles obligations sont réciproques: «en toutes choses, le seigneur doit rendre la pareille à son vassal». Mais Fulbert précise bien que les devoirs du vassal sont plus astreignants; à propos d’eux seulement, il emploie le terme très fort de « service »; il indique enfin expressément que le vassal y est astreint «pour mériter son fief». En bref, le seigneur (le mot vient du latin senior qui signifie le plus vieux) attend de son homme un dévouement de caractère familial, assez semblable à celui qu’un père peut attendre de son fils. L’hommage crée en réalité, entre ceux qu’il relie, une «parenté supplémentaire» (M. Bloch).

Le fief

Cette «amitié» très solide était, dans la réalité d’une société violente et qui contenait mal ses humeurs, susceptible de se rompre. Le manquement aux obligations mutuelles, la «félonie», entraînait le «défi», c’est-à-dire la rupture de la foi. Lorsqu’elle venait du vassal, le seigneur était en droit de faire prononcer, par la cour féodale composée de ses autres feudataires, la « commise », la confiscation du fief, qu’il lui appartenait de reprendre par la force. De fait, la puissance de l’engagement moral se trouvait souvent contrariée. D’ailleurs, l’attache personnelle fut peu à peu dénaturée et disjointe par le rôle de plus en plus prépondérant que, dès le XIe siècle en France, tint dans la relation vassalique l’élément concret, la tenure féodale. Les liens familiaux étaient si rigides dans le monde chevaleresque que les seigneurs eurent très vite mauvaise conscience à ne pas concéder aux héritiers de leurs vassaux des fiefs qui, à la mort de ceux-ci, venaient normalement échoir entre leurs mains. Ils se trouvèrent ainsi recevoir dans leur hommage des êtres qui n’avaient pas choisi, par impulsion individuelle, de se lier à eux d’amitié. Il arrivait que le successeur, soit qu’il s’agît d’un garçon mineur, soit qu’il s’agît d’une veuve ou d’une fille, se révélât incapable de «servir» le fief, puisqu’il ne pouvait porter les armes; soucieux d’assurer la tutelle, ou de donner à la femme un mari, le seigneur risquait d’entrer en conflit avec la parenté du feudataire. En outre, par le jeu des héritages ou pour saisir toute occasion d’étendre leurs possessions, des vassaux, très tôt, en vinrent à tenir des fiefs de différents seigneurs et, par conséquent, à prêter plusieurs hommages. Ainsi fractionnée, leur fidélité perdait singulièrement de sa valeur; il leur devenait parfois difficile d’accomplir le service d’aide et de conseil, en particulier lorsque les maîtres de leurs diverses tenures se trouvaient eux-mêmes en conflit. On eut l’idée de distinguer l’un des hommages, l’hommage « lige », qui primait tous les autres, mais on vit bientôt des individus tenir plusieurs fiefs liges, et la pluralité de fidélités, contractées non point de cœur mais dans le seul but de conserver un fief ou d’en acquérir un nouveau, demeura le principal dissolvant du dévouement personnel.

De fait, dans l’aristocratie des XIe et XIIe siècles, il apparaît très nettement que le lien féodo-vassalique fut impuissant à établir des relations de subordination véritable lorsqu’il unissait des seigneurs de force égale, soit au niveau des maîtres des plus grandes principautés, soit au niveau des simples chevaliers; il s’agissait très souvent d’un simple expédient destiné à atténuer des agressivités réciproques, à instaurer une paix fragile entre des puissances rivales, ou bien à régler des difficultés de succession et des compétitions sur des possessions contestables; les obligations positives du vassal se réduisaient fréquemment dans ce cas à très peu de chose; elles étaient parfois délimitées expressément dans la formule prononcée lors de la prestation du serment de foi. C’est seulement lorsque le seigneur était nettement supérieur à son vassal qu’il pouvait exiger de lui un véritable service et le soumettre à son autorité judiciaire. Les compagnies vassaliques les plus solides rassemblaient autour des maîtres des châteaux les petits chevaliers attachés à la forteresse; la proximité, les fréquentes réunions lors des expéditions guerrières ou des assemblées de conseil, l’habitude qui inclinait les vassaux à envoyer leurs fils faire leur apprentissage à la cour du seigneur, où ils pouvaient nouer, avec l’héritier de celui-ci, dont ils deviendraient plus tard les hommes, une amitié durable, établissaient ici une solidarité réelle entre les membres du groupe. Celui-ci, rassemblé autour d’un chef et de sa bannière, formait un corps, une maisonnée ou, comme on disait alors, une « mesnie », dont la cohésion se manifestait au moment du combat.

Lutte contre l’anarchie

Toutefois, même dans ce cas, le chef de la compagnie vassalique n’était habilité à juger que les manquements à la foi jurée et les défauts du service dû par les fiefs de sa mouvance; pour tout le reste, ses vassaux, à l’inverse des paysans étroitement soumis au ban, échappaient à son contrôle. Comme, d’autre part, les multiples clientèles féodales étaient discontinues et ne se trouvaient nullement reliées les unes aux autres en un réseau cohérent et hiérarchisé, les institutions féodo-vassaliques parvinrent difficilement à maintenir dans l’ordre et la paix la société aristocratique. Lorsqu’un chevalier subissait des dommages, il n’existait plus de juridiction régulière qui fût capable de le rétablir dans son droit. Épaulé par les hommes de son sang, par ses seigneurs et ses vassaux dont il requérait alors l’aide, il entreprenait de tirer vengeance de son agresseur et des «amis» de celui-ci. Commençait alors une guerre privée, qui pouvait se prolonger longtemps, jusqu’à ce qu’un arbitre, choisi d’un commun accord, réussît à réconcilier les adversaires. Les temps féodaux sont remplis de violences. Les dirigeants de l’Église tentèrent de limiter le désordre. À partir de la fin du Xe siècle, et depuis les provinces méridionales de la Gaule, celles où la désagrégation politique était la plus profonde et l’organisation féodale la moins solide, se répandit en Occident le mouvement pour la «paix de Dieu». Dans des assemblées régionales présidées par les prélats et par les princes, les chevaliers étaient invités à s’engager solennellement, par un serment prêté sur les reliques, à respecter des interdits, à ne point porter les armes contre certains groupes sociaux, certains lieux et pendant des périodes déterminées. Cet effort pour réduire l’anarchie féodale se prolongea jusqu’à la fin du XIIe siècle, mais ses résultats demeurèrent très imparfaits.

Les usages et les comportements nés dans le cadre des pratiques féodo-vassaliques imprégnèrent fortement l’ensemble de la civilisation européenne des XIe et XIIe siècles. Ils s’infiltrèrent dans l’Église; les évêques et les abbés concédaient des fiefs et recevaient des hommages; ils réunissaient autour d’eux des cours féodales et prenaient parfois la tête de la bande armée de leurs vassaux; l’octroi des offices sacrés, qui s’opérait par les rites de l’investiture et s’accompagnait d’un serment de fidélité, se distinguait mal de la concession d’un fief, ce qui suscita à la fin du XIe siècle la réaction vigoureuse des réformateurs de l’Église et provoqua le long conflit connu sous le nom de «querelle des Investitures ». Le vocabulaire et les attitudes de la féodalité pénétrèrent également toutes les représentations religieuses: Dieu fut conçu comme un seigneur, siégeant au milieu de la cour céleste et attendant le service de ses «fidèles» agenouillés devant lui, mains jointes. Ce vocabulaire et ces attitudes s’introduisirent enfin dans les formes nouvelles de la relation amoureuse qui se développèrent au XIIe siècle dans les assemblées courtoises: l’amant servit sa dame comme un vassal son seigneur. Et la loyauté, respect de la foi jurée, prit place parmi les vertus majeures de la morale aristocratique.

3. La monarchie féodale

La défaillance de l’institution monarchique avait permis la floraison de la féodalité. Tout en étouffant la puissance royale, celle-ci n’avait cependant pas supprimé la royauté. Image terrestre de l’autorité divine, elle lui paraissait indispensable à l’ordre du monde. Or, peu à peu, au cours du XIIe siècle, le développement économique de l’Europe, l’essor de la production et des échanges, des communications moins difficiles, le rétablissement progressif de la circulation monétaire, effacèrent les conditions matérielles qui avaient favorisé la pulvérisation du pouvoir. Il devint plus aisé de commander à distance; l’octroi d’une terre cessa d’être le seul moyen de récompenser un serviteur; on put rétribuer les fonctionnaires par des gages en argent et lever des troupes de combattants salariés, les «soldats». Des principautés régionales se reconstituèrent; mais, dans un premier temps, la restauration de l’État s’opéra dans le cadre des institutions féodales.

La centralisation monarchique

Les souverains, d’une part, s’employèrent à organiser le réseau des relations féodo-vassaliques sous une forme pyramidale qui convergeât vers leur personne. Ils proclamèrent le principe que le roi ne pouvait prêter hommage à autrui. Ils s’efforcèrent de faire entrer strictement dans leur vassalité toutes les puissances régionales de leur royaume, qui durent reconnaître tenir d’eux en fief tous les pouvoirs de commandement qu’elles détenaient. Ils parvinrent peu à peu à faire admettre leur seigneurie éminente, leur suzeraineté , sur les propres feudataires de leurs vassaux directs, de leurs «barons», de leurs «tenants en chef». Ainsi se constitua une chaîne d’hommages, cette fois hiérarchisés, qui tendit à rattacher au roi par relais successifs tous les feudataires du royaume. Les services féodaux se disposèrent par étages le long de cette chaîne, et la coutume finit par s’établir que, d’une décision de leur seigneur, les arrière-vassaux pouvaient faire appel, de proche en proche, jusqu’à la justice royale. En outre, profitant des difficultés financières des nobles, les rois et les maîtres des principautés régionales, qui disposaient d’importants moyens monétaires, purent au XIIIe siècle acheter l’hommage d’un grand nombre de chevaliers, qui reçurent d’eux en fief les terres libres, les «alleux», qu’ils avaient hérités de leurs ancêtres. Ainsi se comblèrent les vides du système féodal, qui progressivement s’ordonna autour d’un point central, la couronne.

Les rois, d’autre part, exploitèrent à leur profit le droit féodal. Dans les diverses coutumes régionales, les services du fief perdirent de leur imprécision. En France, par exemple, la règle s’institua que les feudataires devaient combattre gratuitement pour leur seigneur quarante jours par an. Tandis que s’accroissait leur puissance, les souverains requirent plus strictement ces services; ils exigèrent de ceux qui ne voulaient ou ne pouvaient s’en acquitter de payer en contrepartie une taxe en argent. Ils attirèrent devant leur propre cour, ou devant les assises que tenaient localement leurs agents, toutes les causes relatives au fief ou aux obligations vassaliques; en cas de défaut, ils avaient désormais le moyen de brandir efficacement la menace de la confiscation. La commise , décidée par la cour de ses feudataires, fut le moyen que choisit Philippe Auguste pour réunir au domaine royal une partie des fiefs de son principal et plus dangereux vassal, Jean sans Terre, duc de Normandie, comte d’Anjou et duc d’Aquitaine. Tandis que se répandait l’usage de la monnaie, des charges financières s’introduisirent dans les services du fief: avant de recevoir l’investiture des tenures féodales dont ils avaient recueilli l’héritage, les nouveaux feudataires durent acquitter un droit de succession, évalué à une annuité des revenus du fief. Dans des cas définis – la coutume de France en reconnaissait quatre: le départ en Terre sainte, la remise des armes au fils aîné, le mariage de la fille aînée, le paiement de la rançon du seigneur – ce dernier était en droit de demander à ses vassaux une aide en deniers. Par ce biais, la fiscalité monarchique se reconstitua.

Un suzerain de caractère sacré

Enfin, l’insertion de la royauté dans les cadres de la féodalité fut si profonde que les souverains des XIIe et XIIIe siècles adoptèrent tous les comportements et les attitudes mentales qui s’étaient développés dans le moule des institutions féodales. Ils ne conçurent jamais leur pouvoir autrement que comme celui d’un seigneur suprême, siégeant au sommet de la hiérarchie des hommages, aidé et conseillé par l’ensemble de ses vassaux, rassemblés dans son ost , dans son armée, et réunis dans sa cour. À ceux qui lui reprochaient d’avoir restitué au roi d’Angleterre Henri III certaines provinces de France qu’il avait conquises, à condition qu’il fût formellement reconnu que ces terres étaient des fiefs relevant de la couronne, Saint-Louis répondait qu’Henri, de ce fait, avait été contraint de devenir son «homme», et que c’était pour lui l’essentiel. Les monarques, d’autre part, s’efforcèrent de donner l’exemple des vertus majeures de la morale féodale, la bravoure et la loyauté. Cependant, dans son essence, la royauté était extérieure à la féodalité, et le demeura. Le roi n’était pas simplement le suzerain; il était sacré, investi, sur toute l’étendue de son royaume, d’une délégation de la puissance divine; l’autorité que lui conférait le sacre, toute différente du patronage que le seigneur exerçait sur son vassal, lui donnait mission de protéger et de conduire vers la perfection morale le peuple tout entier. Depuis la fin du XIIe siècle, d’autre part, la renaissance des études juridiques faisait redécouvrir dans le droit romain les principes de la souveraineté. Le renforcement de puissance, qui procédait à la fois du progrès économique et de l’utilisation même du système féodal, permit aux auxiliaires du pouvoir monarchique d’étendre les prérogatives de la royauté au-delà des structures de la seigneurie et des institutions féodo-vassaliques. Dès la fin du XIIIe siècle, ces dernières pouvaient apparaître comme un cadre dont la puissance royale allait pouvoir se dégager, sans jamais l’abandonner totalement.

4. La féodalité tardive

À vrai dire, certains des usages implantés à l’époque de la féodalité triomphante devaient se maintenir pendant de longs siècles. Et d’abord les cadres juridiques qui s’étaient construits autour du lien d’homme à homme. En France, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, on vit des individus s’agenouiller devant un personnage que, par les gestes de l’hommage et par les paroles de la foi, ils reconnaissaient pour leur seigneur et dont ils s’avouaient les vassaux. La concession féodale demeura dans la pratique un mode très répandu d’aménagement des relations foncières, autour duquel s’était développée toute une jurisprudence, le domaine de juristes spécialisés, les feudistes . Les meilleurs traités de droit féodal datent du XVIIIe siècle. Comme d’autre part, dans le domaine de l’économie et de la fiscalité, le premier essor du capitalisme n’avait guère modifié, dans un monde qui restait pour une très grande part rural, les mécanismes de l’exploitation seigneuriale, ce qui subsistait encore des cadres juridiques de la féodalité apparut comme le symbole éminent de la ségrégation sociale et de tous les privilèges. Pour détruire ceux-ci, les révolutionnaires abolirent ce qu’ils appelaient les droits féodaux, c’est-à-dire un ensemble complexe de prérogatives qui relevaient en réalité bien davantage de la seigneurie que du fief.

Quant à l’esprit de la féodalité, turbulence politique appuyée sur des clientèles et sur le rassemblement d’hommes de guerre autour de puissances privées aspirant à l’autonomie, les affaiblissements de l’autorité monarchique lui redonnaient périodiquement vigueur. Ainsi, dans l’Angleterre des XIVe et XVe siècles se développa ce que les historiens de ce pays nomment la féodalité bâtarde (bastard feudalism ): les plus grands barons s’accoutumèrent à retenir auprès d’eux, dans leur «livrée», des chevaliers dont ils soldaient les services par des «fiefs-rentes», c’est-à-dire par le versement régulier d’une pension en numéraire; ces bandes les soutinrent efficacement dans leurs rébellions contre le pouvoir royal.

Les restes les plus tenaces persistent dans les attitudes mentales. Certains mots, «hommages», «cour», ont perdu de notre temps tout leur sens primitif; mais la valeur encore accordée à l’activité et aux qualités militaires, par exemple, ou la notion d’honneur peuvent être tenues pour des survivances attardées de l’univers psychologique qui a pris corps dans l’Europe médiévale autour de la vassalité et du fief.

5. Hors d’Europe

Il faut définir la féodalité comme un aspect particulier à l’évolution de la civilisation de l’Europe occidentale, dont elle marque un moment déterminé. On ne retrouve, en effet, jamais dans l’Antiquité, dans l’histoire de l’Asie, ou, aujourd’hui, dans les structures de certaines sociétés africaines un ensemble juridique, économique et social analogue à celui qu’elle constitua, mais seulement certains de ses éléments. Un seul pays, le Japon, a connu des formes de relations comparables: une haute aristocratie, fondée sur la possession de la terre et sur l’exploitation du travail paysan; une chaîne d’engagements personnels, rétribués par la concession, souvent héréditaire, d’offices ou de biens fonciers; des liens de parenté très astreignants; un code de l’honneur qui réglait, dans les grandes maisons seigneuriales, le comportement des guerriers domestiques; l’intrusion de tels rapports de subordination dans les cadres de l’État, qui tentait de les utiliser pour se raffermir, mais laissait libre cours, dans ses moments de fléchissement, aux puissances privées. Encore manque-t-il à la féodalité japonaise un trait qui caractérise celle de l’Occident européen: le Japon ignora la réciprocité des obligations mutuelles qui liaient le vassal et le seigneur; celui-ci ne devait rien à son dépendant dont la fidélité était inconditionnelle.

féodalité [ feɔdalite ] n. f.
• 1515; de féodal
1Forme d'organisation politique et sociale médiévale, caractérisée par l'existence de fiefs et seigneuries. Féodalité de l'Europe occidentale. Féodalité musulmane; japonaise.
2Fig. Péj. Grande puissance économique, financière ou sociale, qui tend à devenir autonome dans l'État. Restaurer l'autorité de l'État en abattant les féodalités. Féodalité financière.

féodalité nom féminin (de féodal) Régime politique et social d'Europe occidentale du Xe au XIIIe s. et qui reposait sur la constitution du fief. Toute puissance économique ou sociale fortement structurée qui tend à devenir indépendante de l'État : Les féodalités financières.

féodalité
n. f.
d1./d Forme d'organisation politique et sociale répandue en Europe au Moyen âge, dans laquelle des fiefs étaient concédés par des seigneurs à des vassaux contre certaines obligations.
Par ext. Féodalité musulmane.
d2./d Fig., péjor. Système social, politique, qui rappelle la féodalité (sens 1). La féodalité financière.

⇒FÉODALITÉ, subst. fém.
A.— HISTOIRE
1. Ordre économique, politique et social qui se développa du Xe au XVe siècle dans les États issus du démembrement de l'Empire carolingien, se caractérisant par l'existence de fiefs, de liens particuliers entre suzerains, vassaux et serfs, et qui se prolongea au-delà du Moyen Âge par la survivance de droits et de privilèges attachés aux propriétaires fonciers, aux nobles. Les abus de la féodalité; abattre la féodalité. Sa nuit [de Paris] du 4 août dissout en trois heures mille ans de féodalité (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 705).
2. P. méton. Ensemble de personnes possédant des fiefs ou appartenant d'une façon plus générale à la vieille noblesse. Féodalité ecclésiastique. Ce nom Contenson cachait hélas! un des plus anciens noms de la féodalité normande (BALZAC, Splend. et mis., 1844, p. 151). Les circonstances avaient singulièrement favorisé et enhardi la haute féodalité, les grands vassaux (BAINVILLE, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 125).
Rare. Ensemble de caractéristiques qui sont attachées à tort ou à raison à cette classe sociale. Il avait des accès de libéralisme et des reprises de féodalité (SAINTE-BEUVE, Caus. lundi, t. 5, 1851-62, p. 474).
B.— P. anal. Fait de se constituer en puissance autonome à l'intérieur d'un État; groupement d'intérêts particuliers qui impose le poids de sa puissance à l'État et à la société. Féodalité financière, nouvelle. La féodalité d'argent, maîtresse de cette guerre, vous impose ce monstrueux sacrifice! (MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p. 699) :
S'il est vrai que l'administratif et le corporatif sont maîtres — (...) — nous sommes bien coupables (...) d'avoir laissé usurper par ces deux féodalités la souveraineté populaire qui est à la base de la démocratie...
Doc. hist. contemp., 1953, p. 194.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1515 (Le Stille de procéder de la Court du Parlement de Norm., 52 v°, édit. 1534 ds R. Hist. litt. Fr. t. 12, p. 699). Dér. de féodal, suff. -ité ou empr. au lat. médiév. feodalitas (ca 1280 ds LATHAM). Fréq. abs. littér. :249. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 727, b) 293; XXe s. : a) 148, b) 191. Bbg. VARDAR (B.). Struct. fondamentale du vocab. soc. et pol. en France, de 1815 à 1830. Istanbul, 1973, p. 241.

féodalité [feɔdalite] n. f.
ÉTYM. 1515; de féodal.
1 Ensemble de liens personnels unissant hiérarchiquement le seigneur et son vassal.
1 On a souvent opposé féodalité et mouvement urbain. (…) La mentalité urbaine, au moins au départ, est égalitaire, issue de solidarités horizontales qui unissent des pairs autour d'un serment, au contraire de la mentalité féodale réfractée dans le sentiment d'une hiérarchie, s'exprimant en solidarités verticales cimentées par le serment de fidélité des inférieurs aux supérieurs.
Jacques Le Goff, la Civilisation de l'Occident médiéval, 1972, p. 124.
2 Forme d'organisation politique, économique, sociale et juridique au Moyen Âge caractérisée par l'existence des fiefs et des serments vassaliques. Féodal; fief, seigneurie. || La féodalité occidentale. || Féodalité japonaise, musulmane.
2 La féodalité est une forme d'organisation sociale et politique qui, au moyen âge, s'est établie non seulement en France, mais dans toute l'Europe occidentale. C'est, d'ailleurs, un type qui s'est reproduit dans d'autres pays et à d'autres époques. Il a existé une féodalité musulmane, originale et puissante. Une féodalité très développée a vécu au Japon pendant des siècles; son abolition, aujourd'hui complète, n'a commencé qu'après 1867. La Chine a anciennement connu le régime féodal. Il semble donc que c'est là un des types généraux d'après lesquels les sociétés humaines tendent à se constituer spontanément dans des milieux déterminés.
A. Esmein, Cours élémentaire d'hist. du droit franç., p. 167 (15e éd.).
3 Fig. (Péj.). Grande puissance économique, financière ou sociale qui tend à devenir autonome dans l'État. || Restaurer l'autorité de l'État en abattant les féodalités. || Féodalité financière.
3 Alors s'est produit ce détournement de la démocratie chrétienne au profit de la droite, que trois lettres désignent : M. R. P. Au profit de la droite ? disons plus précisément au profit des féodalités qui, dans la métropole, tiennent l'État sous leur dépendance (…)
F. Mauriac, Bloc-notes 1952-1957, p. 55.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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